Gel de l’arrêt des gardes (seulement) – Communiqué du Bureau National

Alger, le 11/06/2018

Communiqué

Voilà bientôt sept mois que de jeunes médecins résidents, portés par la hauteur de leurs principes, leur foi inébranlable en leur idéal et la justesse de leur cause ont décidé de faire front face à toutes les adversités pour recouvrer l’honneur et la dignité d’une condition médicale déconsidérée.

Sept mois d’une grève historique, héroïque, aussi audacieuse dans la formulation lucide de ses revendications légitimes, qu’admirable dans l’expression sans bornes d’une solidarité fraternelle et saisissante comme seul peut en faire naître le partage de douleurs, de souffrances et de combats communs.

Une grève longue et éprouvante au cours de laquelle nous avons usé, avec obstination et responsabilité, de tous les moyens de protestation et de lutte pacifiques. Nous avons emprunté toutes les voies, occupé toutes les places, frappé à toutes les portes, essuyé tous les coups et plus encore pour faire entendre la justesse et le bien-fondé de nos revendications, aussi pragmatiques dans leur formulation que réalistes dans leurs possibilités de réalisation.

Et c’est seulement après des mois de lutte, acculés dans nos retranchements, devant l’indifférence et les manœuvres dilatoires de nos deux tutelles que nous avons été contraints et forcés d’interrompre toute activité hospitalière, y compris celle des urgences.

Cependant, devant la situation dramatique dont souffrent quotidiennement nos hôpitaux et qui n’ira qu’en s’accentuant à l’approche de la saison estivale, devant la fatigue et l’exaspération de nos aînés mobilisés durant tout le mois sacré, et à quelques jours de l’Aïd el Fitr, fête religieuse synonyme de miséricorde et de bienveillance, le Collectif Autonome des Médecins Résidents Algériens, dans le souci de restaurer le cadre d’une concertation apaisée, a décidé d’une reprise de l’activité de gardes d’urgences (uniquement et non de l’activité même face aux intimidations) de 16H à 8h dans toutes les structures hospitalières universitaires du pays à compter du Mercredi 13/06/2018.

Cette décision intervient en signe de bonne volonté en réponse à la promesse de dialogue affirmée par le ministre de la santé lors de ses interventions médiatiques, mais également afin de trouver une issue favorable et rapide à cette crise qui n’a que trop duré et dont nos patients et la famille médicale sont les premières victimes.

Nous prenons ainsi à témoin la communauté nationale sur la sincérité de nos bonnes dispositions à trouver des solutions efficientes dans les plus brefs délais.

Mais que les choses soient entendues de manière intelligible et claire : nous ne renonçons pas à nos revendications et demeurons plus que jamais mobilisés et solidaires afin de défendre les intérêts de tous les résidents, et en particulier ceux de nos consœurs et confrères de première année et candidats à l’examen du DEMS, dont les échéances particulières constitueront une préoccupation permanente. Le collectif n’acceptera aucun accord qui ne garantirait pas le respect de leur volonté et la protection de leurs droits, notamment en termes de délai et de dates de programmation de leurs examens.

Le collectif réaffirme ici son plein engagement à faire honneur à la bravoure et aux sacrifices des milliers de résidents de tout le pays qui continuent en dépit des difficultés nombreuses, des menaces, des sanctions, des intimidations, des gels de salaires, à résister et à donner ses lettres de noblesse au mot dignité. Des résidents dont le dévouement, la patience, la constance sont en train de faire plier le sort et d’écrire l’une des plus belle page de l’histoire de l’Algérie.

Nous irons ensemble jusqu’au bout !

RESPECT, DIGNITÉ, SOLIDARITÉ

Le collectif autonome des médecins résidents algériens

Partagez!

Une pensée sur “Gel de l’arrêt des gardes (seulement) – Communiqué du Bureau National

  • 14 juin 2018 à 10:00
    Permalink

    Je vous plains d’être dans un pays aussi pourri où le dernier des délinquants est hissé aux postes les plus hauts de la hiérarchie. Le bled est vraiment perdu pour des générations !

Commentaires fermés.